Quid des nouvelles orientations textiles en Inde et en Chine ?

OCDE : les grandes marques textiles renouvellent l’accord Bangladesh
Les grandes marques textiles internationales ont renouvelé jeudi 29 juin un accord mondial visant à renforcer la sécurité dans l’industrie textile au Bangladesh, signé après l’effondrement d’un immeuble en 2013 qui avait fait plus de 1000 victimes, a indiqué l’OCDE.
« L’accord Bangladesh, qui arrivait à échéance en 2018, a été renouvelé jusqu’en 2021 » a indiqué à l’AFP une source de l’OCDE. Cet accord a été signé par une douzaine de marques dont les plus importantes du secteur comme H & M, Inditex (Zara), C&A, Primark ou encore Lidl. D’autres comme Esprit, Smidt Group, ou Wibra se sont engagés à signer ce nouvel accord.
Il y a quatre ans, ces groupes textiles s’étaient engagés à renforcer la sécurité au Bangladesh, deuxième pays exportateur au monde de vêtements, après l’effondrement d’un immeuble de la région de Dacca, qui abritait des ateliers de confection, provoquant la mort de 1127 personnes.
Amendées une cinquième fois en 2011, ces règles concernent les droits de l’homme, l’emploi et les relations industrielles, l’environnement, la lutte contre la corruption, les intérêts des consommateurs, la fiscalité, les transferts de technologies.
Efficacité de ces accords ?
Bangladesh : une explosion dans une usine textile fait plus de dix morts
Au moins dix personnes ont été tuées et 50 autres blessées début juillet lors de l’explosion d’une chaudière dans une usine textile au Bangladesh, ont annoncé les autorités.
Plusieurs dizaines d’employés étaient présents dans cette usine de six étages située dans une zone industrielle en périphérie de Dacca, lorsque l’explosion s’est produite.
L’usine appartient à la société Multifabs dont la plupart des clients sont des marques européennes, selon son site internet.
Selon le directeur de l’usine, le site principal était fermé lundi mais des employés effectuaient des travaux de maintenance sur la chaudière. « Si cela s’était produit un autre jour de la semaine, il y aurait probablement eu plus de morts » a-t-il ajouté.
Quid de la Chine ?
Le centre d’information textile s’engage contre les polluants
Le centre chinois d’information sur le textile a rejoint le programme « Zéro rejet de produits chimiques dangereux ZDHC”. L’engagement du CTIC vis-à-vis du programme permettra d’avoir un impact significatif en Chine, selon Lydia Lin, la directrice pour l’Asie du ZDHC.
La signature du CTIC devrait permettre à un plus grand nombre de marques chinoises de rejoindre le ZDHC, selon les experts. Le CTIC est géré par le conseil chinois du textile et du vêtement, une fédération sectorielle qui représente l’ensemble des fabricants textiles en Chine et qui a lancé le chemical Stewardship 2020, une initiative sur les produits chimiques.
« Alors que le CTIC rejoint le ZDHC en tant que contributeur officiel, cela crée une occasion d’harmoniser et aligner le ZDHC avec l’initiative du Conseil. Par ailleurs, il s’agit d’une incitation pour que les marques et les fabricants rejoignent le mouvement de contrôle des produits chimiques dangereux en Chine » selon Lydia Lin
Le ZDHC a adopté une approche holistique pour améliorer la gestion des produits chimiques tout au long de la chaîne logistique dans le secteur du textile et de la chaussure, et insiste sur le fait que la collaboration industrielle est essentielle à l’atteinte de son objectif.
Tous les contributeurs du programme du ZDHC s’engagent à collaborer pour permettre le développement et la mise en œuvre des standards et des outils du programme, afin d’éliminer les produits chimiques dangereux du secteur.
Le mois dernier, le ZDHC a publié ses recommandations concernant les eaux usées qui unifient les attentes en matière de qualité des eaux usées pour l’ensemble du secteur textile et de la chaussure. Le ZDHC incite par ailleurs l’ensemble des parties prenantes de la chaîne de valeur à les respecter.
« Il est impossible de s’attaquer seul face à ce défi environnemental. Afin d’avoir un impact significatif et à long terme, nous avons besoin que l’ensemble du secteur, y compris les ONG, adopte et soutienne ces recommandations » selon Franck Michel, directeur exécutif du ZDHC.
Quand certaines entreprises s’achètent une éthique et ne la respectent pas.
Le programme a été initié en 2011 avec six grandes marques et rassemble aujourd’hui 22 marques signataires (dont Adidas, Burberry, Inditex et H&M), 18 affiliés de la chaîne de valeur et huit associés.
Largement utilisée dans le secteur textile, la viscose est aujourd’hui pointée du doigt par un nouveau rapport qui souligne ses effets dévastateurs sur la santé et l’environnement. Selon la Changing Markets Foundation, malgré une prise de conscience croissante des problèmes écologiques, plusieurs grandes marques de mode continuent à ignorer le caractère fortement polluant de la fabrication de cette fibre.
Selon ce rapport paru ce mois-ci et baptisé « Dirty Fahion », les usines de production de cette fibre synthétique situées en Indonésie, en Chine et en Inde déversent des eaux usées hautement toxiques dans les rivières environnantes, détruisant la vie marine et exposant les travailleurs et les populations locales à des produits chimiques dangereux.
Des usines qui selon la fondation, travailleraient notamment pour le compte de grandes marques de mode comme H&M, Zara, Asos, Levi’s, Tesco, Benetton et Burton (certaines marques étant à l’initiative du programme zéro déchet).
Toujours d’après cette enquête, H & M achèterait directement à sept des usines polluantes visées par l’enquête et le groupe Inditex, propriétaire de Zara à quatre d’entre elles.
« Ce rapport révèle que plusieurs grandes marques restent aveugles, face à des pratiques douteuses au sein de leur chaîne logistique. Alors que la pollution des eaux est de plus en plus reconnue comme un risque d’activité majeur, la transition vers des pratiques de production plus durables devait être une priorité pour ces enseignes » a déclaré Natasha Hurley, directrice de campagne pour la Changing Markets Foundation.
Et d’ajouter « Changing Markets » demande aux enseignes et aux marques de mettre en œuvre une politique stricte de pollution zéro, avec des audits réguliers des fournisseurs afin de s’assurer qu’ils respectent des normes rigoureuses de production. L’organisation demande notamment aux fabricants de viscose de créer un système en circuit fermé afin que les produits chimiques utilisés lors du processus de production ne s’échappent pas dans la nature.
La Chine refuse de devenir la poubelle mondiale….
Pékin a décidé de bannir les importations de déchets destinés à être recyclés. Une décision qui touche 24 matériaux dont les plastiques, papiers et textiles, soit 70% des papiers expédiés vers l’Empire du Milieu. Selon les spécialités du recyclage, cette mesure pourrait accroître le gaspillage et lourdement fragiliser la filière du recyclage.
C’est ce qu’indique l’Institute of Scrap Recycing Industries (ISRO), organisme américain référent du domaine, qui rappelle que la régulation chinoise s’est progressivement resserrée. Face à la montée en flèche des déchets produits domestiquement par la Chine, l’objectif de Pékin est de ne pas accentuer la pollution du pays via des déchets venus de l’étranger.
Pour le textile comme pour les autres matériaux, des alternatives à la Chine existent. « La demande grandit en Inde, dans le Sud Est asiatique et en Amérique latine, mais pas au rendement nécessaire pour remplacer ce que nous expédions actuellement vers la Chine, souligne cependant l’ISRI. Nous n’avons pas en outre actuellement la capacité de recycler tout ce que produisent les Etats Unis sans exporter nous-mêmes ».
La Chine étant en 2016 la destination de 27% des déchets mondiaux exportés, venant principalement des Etats Unis avec 5,2 milliards de dollars de matériaux pour la seule année dernière. Un modèle sur lequel se sont bâtis des écosystèmes d’entreprises spécialisées en Amérique du Nord et en Europe, et des maillages industriels dédiés à travers l’Asie.

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